Nouvelle Réglementation Environnementale RE 2020 : Ce qui change à partir de 2021

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La réglementation thermique RT 2012 est bien connue dans le secteur du bâtiment. Mais saviez-vous que les règles vont bientôt changer ? Le gouvernement a récemment présenté les contours de la nouvelle Réglementation Environnementale RE 2020. Découvrez les trois principaux changements à prévoir avec l’arrivée de la RE 2020.

La RE 2020 succède à la RT 2012

Le 24 novembre dernier, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a présenté le nouvelle Réglementation environnementale 2020 (RE 2020). À ce jour, la dernière réglementation thermique en vigueur, la RT 2012, date de 2012. Elle s’applique à toutes les constructions neuve dont la demande de permis de construire a été déposée depuis le 1er janvier 2013.

La nouvelle réglementation thermique 2020 devait initialement s’appliquer à partir du 1er janvier 2021. Toutefois, en raison de la crise sanitaire qui a frappé cette année, l’application de la RE2020 a été repoussée à l’été 2021.

La RE 2020 est le fruit de nombreuses expérimentations et négociations. L’objectif affiché par le gouvernement est de lutter contre le changement climatique. D’après la ministre Barbara Pompili, cette réforme est « ambitieuse et très attendue ». La RE 2020 promet de marquer un tournant dans les techniques de construction modernes.

« Il y aura un avant et un après RE 2020 ».

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

Les trois objectifs prioritaires de la RE 2020

Si les conditions précises de mise en œuvre de la RE 2020 restent à clarifier, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé les trois principaux axes de travail.

« Nous donnons la priorité à la sobriété énergétique, au confort d’été et la décarbonation ».

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement

Vers des bâtiments qui consomment moins d’énergie

La RE2020 va pousser plus loin les ambitions de la RT 2012 en matière de sobriété énergétique. Pour cela, la nouvelle réglementation va réviser l’indicateur Bbio qui porte sur le besoin bioclimatique. Cet indicateur mesure la quantité d’énergie nécessaire pour qu’un bâtiment conserve une température agréable. Il prend donc en compte la performance des équipements du bâtiments, mais également son isolation, son orientation, son ratio de surfaces vitrées, etc.

Par rapport à la RT2012, les exigences du Bbio évoluent de deux façons :

  • Le besoin bioclimatique ne se limite plus aux besoins de chauffage, mais il doit désormais intégrer les besoins en froid ;
  • Le seuil maximal de Bbio admissible est réduit de 30 % par rapport à la RT 2012.

Un nouveau focus sur le confort d’été

Un des défauts de la RT2012 était de ne pas du tout prendre en compte le confort d’été. Or, cette problématique s’est révélée très importante dans les construction récentes. Pas moins de 25 % des logements construits sur la base de la RT2012 ont par la suite été équipés d’un climatiseur .

La RE2020 entend donc apporter une solution en introduisant un indicateur de confort d’été exprimé en degré heure (DH). La réglementation prévoit d’établir des seuils haut et bas :

  • Le seuil bas est établi à 350 DH. En dessous de 350 DH, le bâtiment reste confortable en cas de fortes chaleurs, même sans système de refroidissement actif.
  • Entre 350 et 1250 DH, la construction nécessite un système de refroidissement actif pour être confortable en été. Ces valeurs sont admises, mais des pénalités sont appliquées dans le calcul de la performance énergétique.
  • Le seuil haut est fixé à 1250 DH. Sur la base d’une météo similaire à la canicule de 2003, cela correspond à un logement qui afficherait une température d’au moins 30°C le jour et 28°C la nuit sur une période continue de 25 jours. Avec la RE 2020, il sera interdit de dépasser ce plafond de 1250 DH.

Introduction d’un seuil maximum d’émissions de carbone

La décarbonation est le troisième objectif majeur de la RE 2020. Le but de la nouvelle réglementation est donc d’orienter les choix constructifs pour favoriser les systèmes à faibles émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, la RE2020 introduit de nouveaux plafonds d’émissions de carbone dans les constructions neuves.

« L’enjeu est de cesser d’utiliser des énergies fossiles dans les bâtiments neufs, alors qu’aujourd’hui encore les logements au gaz sont majoritaires en constructions neuves ».

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

En maison individuelle

Dans les maisons individuelles neuves, le seuil maximum d’émissions de CO2 sera désormais fixé à 4 kgCO2/m2/an. Ce plafond sera applicable dès l’entrée en vigueur de la RE 2020. Ainsi, les systèmes fonctionnant exclusivement au gaz seront mécaniquement exclus des maisons neuves.

En logement collectif

Pour les immeubles, l’évolution sera plus progressive et s’étalera entre 2021 et 2024. À partir du 1er janvier 2021, les logements pourront émettre jusqu’à 14 kgCO2/m2/an. À partir de 2024, le plafond sera ramené à 6 kgCO2/m2/an.

Cette transition progressive devrait laisser le temps aux acteurs de la filière de faire les changements nécessaires. Les solutions alternatives, comme le solaire thermique, la chaufferie biomasse ou la PAC collective, doivent encore être développées à grande échelle.

Les implications de la RE 2020 sur les systèmes de chauffage

Concrètement, la RE 2020 va considérablement modifier les habitudes et les nouvelles tendances de construction.

Favoriser l’électricité plutôt que le gaz

Les nouveaux seuils d’émissions de gaz à effet constitue un véritable coup de massue pour les systèmes de chauffage au gaz. Cette mesure est parfaitement assumée par le gouvernement.

« Ces seuils empêchent quasiment qu’il y ait du gaz dans les maisons neuves et en autorisent très peu dans le collectif, il s’agit d’une rupture majeure ».

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

Le gaz renouvelable pour remplacer le gaz naturel

Certains professionnels du secteur regrettent que le gouvernement ne porte pas plus d’intérêt au gaz renouvelable produit grâce à la méthanisation et au réseaux de chaleur.

« Alors que le réseau de gaz naturel sera de plus en plus renouvelable à horizon 2050, le Gouvernement fait fi des gaz renouvelables pour les logements neufs ».

Patrick Corbin, Président de l’Association française du gaz (AFG)

Il sembleraient cependant que le gouvernement soit conscient des améliorations à venir dans ce domaine. L’objectif n’est pourtant pas d’alimenter de nouveaux logements en biométhane, mais plutôt de convertir ceux actuellement fournis en gaz naturel.

Cap vers les énergies renouvelables

L’objectif du gouvernement n’est toutefois pas de revenir au tout électrique. La RE2020 doit également prévoir un seuil maximal de consommation d’énergie primaire non renouvelable. Ainsi, la nouvelle réglementation entend pousser les fabricants et les constructeurs vers des solutions de chauffage basées sur l’énergie renouvelable.

« Cette réglementation permettra de massifier le recours aux énergies renouvelables dans l’habitat neuf, en particulier dans la maison individuelle où le panel de solutions techniques est particulièrement large ».

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER)

Publié le 4 Décembre 2020

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