Le guide complet pour bien choisir sa serrure

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Comment bien choisir sa serrure ?

La serrure fait partie des éléments essentiels de la sécurité d’une habitation. Il convient donc de la choisir avec soin ! Vous devez opter pour un modèle fiable et résistant afin de protéger votre logement des intrusions malveillantes. IZI by EDF vous propose un guide complet pour vous aider à faire le bon choix et vous familiariser avec les spécificités techniques souvent complexes des serrures.

Le lexique des serrures

Afin de vous faciliter la lecture de l’article et la compréhension du fonctionnement des serrures, il est nécessaire de commencer par définir quelques termes techniques.

  • Serrure : il s’agit d’un système de verrouillage que l’on actionne à l’aide d’une clé, d’une poignée ou d’un bouton.
  • Verrouillage/fermeture : attention à ne pas confondre ces deux termes. Le verrouillage implique l’actionnement du mécanisme de la serrure et la fermeture désigne simplement l’utilisation de la poignée. Une porte fermée n’est pas forcément verrouillée.
  • Cylindre : également appelé barillet, le cylindre désigne le mécanisme mobile à l’intérieur de la serrure, dont l’actionnement permet le verrouillage ou le déverrouillage d’une porte. Il comprend un corps fixe (stator) et un élément tournant après introduction de la clé (rotor).
  • Coffre : c’est la partie extérieure qui renferme le mécanisme de verrouillage.
  • Gâche : implantée sur la partie fixe d’une ouverture, la gâche est une forme de boîtier où viennent s’engager les dispositifs de fermeture et de verrouillage.
  • Pêne : il s’agit du dispositif mobile venant s’engager dans la gâche. On distingue le pêne dormant ou panneton, actionné par le verrouillage ou le déverrouillage, et le pêne demi-tour, actionné par la poignée de porte.
  • Carré : cette pièce en forme de long parallélépipède rectangle est insérée dans les poignées extérieure et intérieure d’une porte afin de les solidariser et de permettre d’actionner le pêne demi-tour.
  • Tirage : dispositif alternatif à une poignée sur le côté intérieur d’une serrure.
  • Têtière : c’est une partie plate du coffre ou de la gâche permettant leur fixation à l’aide de vis.

Comment choisir sa serrure à encastrer ?

La serrure à encastrer s’intègre directement dans l’épaisseur d’une porte, d’une fenêtre ou d’une porte-fenêtre. C’est une solution esthétique qui donne en outre plus de latitude pour choisir des poignées et des garnitures de porte à votre goût. Si vous décidez d’équiper une porte d’une nouvelle serrure ou de changer un équipement existant, plusieurs critères doivent être pris en considération.

Installation d'une serrure à encastrer

Définir l’utilisation de la serrure à encastrer

Pour une porte d’entrée

C’est évidemment à cet endroit que l’on doit être le plus exigeant lors du choix d’une serrure. Il convient de choisir un modèle qui supporte une utilisation régulière et possède des propriétés anticorrosion. L’aspect sécuritaire est évidemment à prendre en compte, aussi bien au niveau de la clé, du nombre de points de condamnation et du fonctionnement du barillet.

Pour une porte intérieure

Utilisées principalement pour les WC et la salle de bains, les serrures intérieures sont également de plus en plus appréciées pour les chambres. Elles sont essentielles à l’intimité mais n’ont pas les mêmes exigences que les serrures de portes d’entrée au niveau de la sécurité. On préconise généralement d’utiliser des serrures à bouton de condamnation, dites « rosaces » pour les WC et la salle de bains.

Prendre les bonnes mesures

Une fois définie l’utilisation future de votre serrure, vous allez devoir prendre correctement les  mesures afin de choisir un modèle qui s’adapte à votre porte. En tout, sept dimensions sont à prendre en compte :

  • L’axe : distance séparant le bord externe de la têtière et l’axe central du barillet.
  • L’entraxe : distance séparant l’axe central du barillet et l’emplacement du carré.
  • Longueur et largeur de la têtière : il existe des tailles standardisées, respectivement de 230 et 20 mm mais par prudence, mieux vaut vérifier.
  • Profondeur et épaisseur du coffre.
  • Épaisseur et longueur du carré : vous devez connaître ces mesures si vous souhaitez changer vos poignées. L’épaisseur varie entre 6, 7 et 8 mm et la longueur est généralement de 75 mm.

Comment choisir sa serrure en applique ?

La serrure en applique est utilisée lorsque l’épaisseur d’une porte est insuffisante pour installer une serrure à encastrer. Elle peut également être posée sur des portes anciennes ou des portails. Le boîtier d’une serrure en applique est apparent car le coffre est fixé directement sur la porte.

Définir l’utilisation de la serrure en applique

Pour une porte d’entrée

Dans le cas d’une porte d’entrée ancienne non compatible avec une serrure à encastrer, il est nécessaire d’opter pour une serrure en applique apportant un niveau de protection élevé. Un modèle de qualité avec plusieurs points de condamnation représente la meilleure solution en termes de sécurité.

Pour un portail

Poser une serrure en applique sur un portail permet d’équiper rapidement celui-ci d’un mode de fermeture et de verrouillage efficace. Pour ce type d’utilisation, mieux vaut privilégier un modèle résistant et anticorrosion.

Serrure horizontale ou verticale

Le choix d’un modèle de serrure en applique horizontale ou verticale dépend essentiellement du montant de la porte. Les modèles verticaux sont adaptés à des montants étroits alors que les horizontaux s’adaptent à des montants larges.

Prendre les bonnes mesures

Pour adapter facilement une nouvelle serrure en applique à votre porte, trois mesures doivent être préalablement réalisées :

  • L’axe : c’est la distance entre le bord externe du coffre et l’axe central du trou de cylindre.
  • L’entraxe : mesure existante entre l’axe du carré de la poignée et l’axe central du cylindre.
  • Carré : vous devez connaître son épaisseur (6, 7 ou 8 mm) et sa longueur (généralement 75 mm) afin de choisir le bon modèle de poignée.

A cette étape, vous avez compris que le choix d’une serrure en applique ou d’une serrure à encastrer dépend essentiellement des caractéristiques de votre porte. En revanche, aucun élément technique ne donne un avantage à l’une ou l’autre de ces serrures en ce qui concerne la qualité, la durabilité et la sécurité. Pour ces différents éléments, il convient d’être attentif au système de verrouillage, aux nombres de points de fermeture et aux différentes normes de sécurité en vigueur.

Quel système de verrouillage sur ma serrure ?

Choisir une serrure avec un système de verrouillage intégré permet d’éviter d’installer un verrou indépendant sur une porte. Il existe deux systèmes de verrouillage : à mécanisme et à cylindre.

La serrure à mécanisme

Cette serrure fonctionne avec une clé lourde également appelée clé à chiffre. Il existe différents niveaux de sécurité selon que l’on utilise une serrure à garnitures, robuste mais facilement crochetable, ou une serrure à gorges, dont le mécanisme est plus sûr. Néanmoins, ce type de serrures est aujourd’hui utilisé quasi-exclusivement en tant que serrure d’intérieur. Quelle que soit la configuration choisie, une serrure à mécanisme ne représente pas une solution pérenne en tant que système de verrouillage d’une porte d’entrée, car les méthodes de crochetage sont connues par de nombreux cambrioleurs.

Une serrure ancienne qui s'ouvre avec une clé à chiffre

Si vous tenez absolument à conserver une serrure à mécanisme sur une porte d’entrée, il est conseillé d’y ajouter d’autres systèmes de verrouillage, comme des verrous indépendants voire une crémone.

La serrure à cylindre

La serrure à cylindre représente un niveau de sécurité supérieure par rapport à la serrure à mécanisme. L’avantage de ce modèle réside également dans une plus grande adaptabilité : le cylindre est une pièce amovible que l’on peut facilement changer. En cas de perte de clé, ou simplement si vous souhaitez un cylindre de meilleure qualité, nulle besoin de remplacer l’intégralité de la serrure.  

Le niveau de sécurité du cylindre

Il va dépendre en premier lieu du nombre de goupilles qui équipent le stator ; poussées par des ressorts, ce sont elles qui maintiennent le rotor en place tant que la clé adéquate n’a pas été introduite dans le trou de la serrure. C’est ainsi que plus un cylindre contient de goupilles, plus son crochetage va être complexe et long à réaliser.

Outre la quantité de goupilles (5 au minimum et jusqu’à 36 au maximum), leur disposition sur plusieurs axes autour de la clé est également gage d’une serrure plus difficile à crocheter. On parle ainsi de cylindre anti-crochetage.

Un cylindre accompagné de plusieurs clés plates

Malheureusement, le crochetage n’est pas la seule méthode des cambrioleurs pour forcer l’entrée d’une habitation ! Les fabricants se sont adaptés et proposent des modèles de cylindres qui résistent à différentes épreuves :

  • Cylindre anti-perçage : la mise en place d’un bouclier en acier traité devant l’entrée de la clé protège le cylindre des assauts d’une perceuse.
  • Cylindre anti-arrachage : l’aspérité du cylindre est insuffisante pour qu’un malfaiteur tente de l’arracher à l’aide d’une pince.
  • Cylindre anti-casse : la structure du barillet est renforcée.
  • Cylindre anti-bumping : ce type de protection permet d’éviter l’ouverture de la serrure avec la technique de la « bump key », c’est-à-dire l’utilisation d’une sorte de passe liée à une légère percussion visant à désolidariser les goupilles.
  • Cylindre anti-copiage : il s’agit d’une procédure simple où la copie d’une clé ne peut être réalisée que par le fabricant original, en échange d’une carte de propriété. 

Quel prix pour un cylindre de bonne qualité ?

Il existe des différences de prix importantes entre les cylindres basiques, accessibles à partir d’une vingtaine d’euros, et les modèles hyper-sécurisés qui peuvent atteindre 400 euros. Néanmoins, si vous cherchez un barillet de bonne qualité capable de résister à plusieurs types d’effraction, vous pouvez trouver des modèles convenables à partir de 100 euros.

Combien de points de condamnation sur ma serrure ?

Les dispositifs anti-effraction inclus sur les cylindres sont de plus en plus efficaces mais ne suffisent pas à sécuriser durablement l’accès à votre habitation. En effet, que faire si le cambrioleur concentre ses efforts non pas sur le cylindre, mais sur la porte en elle-même, par exemple avec un pied-de-biche ? Il convient donc de renforcer la solidité générale de la serrure ainsi que sa solidarité avec le chambranle de la porte.

La méthode ancienne consistait à ajouter des verrous en bas et en haut de sa porte afin de la rendre plus difficile à forcer. L’inconvénient, outre l’amas de verrous peu esthétiques, est le temps nécessaire pour pouvoir entrer soi-même dans son habitation ! Les serrures multipoints permettent de verrouiller une porte sur plusieurs points de sûreté, tout en facilitant son ouverture grâce à un seul point de commande.

Comment fonctionne une serrure multipoints ?

La serrure multipoints générique possède trois fermetures situées en haut, en bas et au milieu de la porte. Il y a deux configurations possibles qui dépendent des pênes de condamnation de la serrure :

  • un pêne latéral central, un pêne haut qui s’encastre dans le bâti et un pêne bas qui sécurise la porte dans le sol
  • trois pênes latéraux qui s’encastrent en haut, en bas et au milieu dans les gâches correspondantes

Vous trouverez des serrures multipoints à encastrer ou en applique, avec un nombre de points d’ancrage variant entre trois et sept. Plus ce total est élevé, plus la serrure sera résistante aux effractions. Une serrure multipoints basique est accessible à partir de 100 euros et les modèles à 5, 7 voire 12 points peuvent atteindre voire dépasser les 1 000 euros.

Zoom sur la barre anti-effraction

Ce dispositif vient s’ajouter à la serrure d’origine afin d’en optimiser la résistance. Techniquement, la barre anti-effraction est une serrure deux points, avec de larges pênes situés à gauche et à droite venant s’intégrer dans des gâches fixées sur les montants de la porte. La porte est ainsi solidarisée avec son chambranle sur les deux côtés.

Serrurerie

Un projet de travaux ?

Quelle norme de sécurité pour ma serrure ?

La principale norme attestant de la résistance d’une serrure à l’effraction est l’Assurance Protection Prévention, siglée A2P. Délivrée par le Centre National de Prévention et de Protection (CNPP), elle comporte trois niveaux de sécurité :

  • A2P * : le matériel peut résister au moins 5 minutes à une tentative d’intrusion
  • A2P ** : le matériel peut résister au moins 10 minutes
  • A2P *** : le matériel peut résister au moins 15 minutes, y compris face à un malfaiteur chevronné qui a préparé son action

On peut considérer le premier niveau de protection comme satisfaisant pour la plupart des cas, les cambrioleurs insistant rarement au-delà de 5 minutes lors de tentatives d’effraction.

Publié le 5 Janvier 2021

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