La mise à la terre fait partie des travaux à réaliser lors de la construction ou lors d'une rénovation électrique pour un logement ancien. Dans une maison ou un appartement, la prise de terre est même obligatoire. Elle sécurise votre installation électrique et vous protège au quotidien. Mise à la terre : que dit exactement la norme ? Tour d’horizon sur la réglementation en vigueur avec IZI by EDF !
La mise à la terre est-elle obligatoire ?
La mise à la terre est imposée depuis 1969 pour toute installation électrique de basse tension des locaux d'habitation neufs. En d'autres termes, toute maison et tout immeuble d'habitation construit après cette date sont a priori raccordés à la terre.
À l’origine, seules les pièces d’eau (salles de bain et cuisine dans certains cas) devaient faire l’objet d’une mise à la terre. Dorénavant (depuis 1991 plus précisément), toutes les pièces d’un logement sont reliées à la terre : les pièces d'eau, aussi bien que les pièces sèches (salon, chambres...).
Si votre maison a été construite avant 1991, IZI by EDF vous recommande de réviser votre installation électrique.
Concrètement, cela signifie que toutes les pièces de votre maison ou appartement sont équipées de prises de courant murales avec terre, composées de deux pôles et d'une tige de terre.
Que dit la norme NF C 15-100 pour la mise à la terre d'un logement ancien ?
Ce n'est un secret pour personne, les normes électriques se sont précisées et se sont durcies au fil du temps.
En France, c'est la norme NF C 15-100 qui régit l’ensemble des obligations pour les installations électriques des locaux d'habitation depuis 1969. Mais rassurez-vous, la norme a subi depuis de nombreuses évolutions. A date, la dernière mise à jour de la NF C 15-100 a eu lieu en 2016.
Si la norme électrique s'applique strictement pour les logements neufs, quand est-il des logements anciens ? Quelle norme électrique respecter pour sécuriser son installation électrique ?

Dans le cas d'un logement ancien, on parle davantage de mise en conformité de l'électricité, selon la NF C 15-100. Autrement dit, les professionnels sont susceptibles de :
👉 Remplacer votre tableau électrique, dimensionné selon votre logement et vos besoins ;
👉 Mettre à la terre votre installation électrique au complet (fils de terre présents dans chaque circuit) ;
👉 Mettre à neuf vos circuits électriques ou les conserver, selon l'état des fils électriques neutres et de phase ;
👉 Tirer de nouvelles lignes électriques (pour les circuits spécialisés comme la machine à laver, les plaques de cuisson électrique, le lave-vaisselle par exemple) ;
👉 Rafraîchir (et donc remplacer) tous vos appareillages, à savoir les prises de courant, les interrupteurs et les dispositifs de connexion luminaire - appelés douilles DCL - sous réserve de faisabilité.
Retenez qu'une maison ancienne, ou un appartement ancien, n'est pas tenu de respecter 100 % des obligations de NF C 15-100 dernière version (2016).
La raison ? Dans le bâti existant, il est d'une part parfois impossible de toucher à la structure d'un mur ou d'un plafond en béton, et par exemple de réaliser des saignées. D'autre part, si l'installation d'un coffret de communication (avec prises RJ45) est obligatoire pour les logements neufs, il reste optionnel pour les logements anciens à rénover. Cet élément ne fait pas partie des points de sécurité essentiels d'une installation électrique.
Quand réaliser des travaux de mise à la terre pour son logement ?
On l'a dit, tout logement construit après 1969 est mis à la terre (complètement ou du moins partiellement). Pour les maisons et appartements anciens bâtis avant 1969, n'ayant jamais fait l'objet d'une rénovation électrique, il est vivement recommandé de les mettre à la terre afin de sécuriser l'installation électrique.
Pour plus de sécurité, obtenez le certificat de conformité délivré par le Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité), une fois vos travaux d'électricité achevés. Le Consuel atteste que votre logement est aux normes, protégé et mis à la terre.
Pour mettre à la terre votre installation électrique, il est conseillé de faire appel à un électricien qualifié. L'installation d'une prise de terre et d'un boîtier étanche, non corrosif et placé sous terre, est une opération technique qui requiert de solides compétences en électricité.
Le prix d’une mise à la terre
Les travaux de mise à la terre sont réalisés par des électriciens et engendrent nécessairement des frais.
Pour un logement ancien partiellement mis à la terre, les travaux peuvent vous coûter entre 250 et 500€ TTC.
Si en revanche, la mise à la terre est à réaliser de A à Z, il faut prévoir un budget plus important.
🏘️ Entre 300 € et 500€ pour un appartement. L’électricien doit dans ce cas relier le tableau électrique de votre logement à la prise de terre de l’immeuble. Parfois même, la liaison peut être réalisée au même étage d'un appartement déjà mis à la terre.
🏠 Entre 500 à 1000€ pour les maisons individuelles. Les techniques de mise à la terre sont plus nombreuses - au choix du particulier et de l'entreprise - et pour certaines plus complexes. Le prix d'une mise à la terre est par conséquent plus cher.
Toutes les parties métalliques du logement doivent également être reliées à la terre, notamment les encadrements de porte, via des liaisons équipotentielles. L'intervention ne consiste pas seulement à raccorder un simple câble d'alimentation.
Rappel : en quoi consiste la mise à la terre ?
Avant de vous lancer dans des travaux de rénovation électrique, voici quelques éléments qui vous permettront de mieux appréhender une mise à la terre.
Quel est le rôle de la mise à la terre ?
La mise à la terre est un dispositif de protection des personnes et des biens, qui consiste à évacuer les courants de fuite vers la terre (notamment via une prise de terre). La mise à la terre vous protège des électrisations et des électrocutions notamment lorsque vous utilisez des appareils électriques composées d'une armature métallique.
Reliée au tableau électrique, la prise de terre permet une liaison directe avec le sol. La prise de terre est enfouie à plusieurs mètres sous terre et évacue l’électricité en cas de défaut d’isolement (d'un appareil vétuste par exemple). Avec le temps, l’isolant en plastique des fils électriques sèche et devient cassant et friable. Dans ce cas, le risque de courant de fuite est imminent...
L’absence de prise de terre dans un logement ancien, non rénové, vous met donc directement en danger en cas de dysfonctionnement d'un appareil ou défaut d'isolement d'un fil électrique au sein d'un circuit par exemple.
Rassurez-vous, si vous n'avez pas la terre, votre tableau électrique associé à un dispositif différentiel doit pouvoir vous protéger en cas de courant de fuite.
Les disjoncteurs différentiels de votre tableau sont en effet capables de détecter l'écart de courant entre le courant qui arrive dans le circuit et celui qui en repart. Grâce aux différentiels, le courant du circuit posant problème est immédiatement coupé. Vous êtes alors mis hors de danger.
Si néanmoins les courants de fuite sont fréquents, il se peut que votre installation électrique disjoncte régulièrement et vous provoque quelques coups de jus.
Prise de terre et mise à la terre : quelle est la différence ?
Bien que l’on utilise les deux expressions de manière interchangeable, mise à la terre et prise de terre ne désignent pas tout à fait la même chose :
- La mise à la terre fait référence aux différents dispositifs permettant d’évacuer le surplus de courant vers la terre.
- La prise de terre désigne l’élément conducteur installé en profondeur dans le sol. La prise de terre n’est donc que le dispositif final de l’ensemble du circuit de mise à la terre de votre installation électrique. On peut aussi parfois (par raccourci) parler de prise de terre pour désigner une prise de courant murale avec terre.
La mise à la terre est matérialisée par une prise de terre (piquet ou boucle de terre à fond de fouille), un tableau électrique avec bornier de terre, des circuits avec fils de terre et des appareillages mis à la terre.
Mauvaise mise à la terre : que risquez-vous ?
La mise à la terre permet de réduire les risques d’électrisation et d’électrocution et de protéger les occupants d'un logement.
Si vous touchez notamment un équipement présentant défaut d’isolement, vous risquez l’accident d’origine électrique : de la simple décharge (une électrisation) à l’électrocution pouvant être mortelle.
Le court-circuit d’une installation électrique
Les courts-circuits et les surcharges d’intensité internes aux circuits sont responsables des principaux incendies d’origine électrique domestiques. En cas de court-circuit, l’isolant fond et les matériaux atour du câble peuvent prendre feu. La laine de verre de votre isolation peut notamment s’embraser, le bois de la structure ou même le carton de votre placo brûler.
Lorsque l’intensité augmente, le disjoncteur détecte le changement de température grâce au magnétisme de son composant métallique. Le courant augmente le champ magnétique, déplace la masse en métal et fait sauter le disjoncteur. Le temps de réaction est ici primordial pour empêcher une trop forte élévation de la température.
Le courant de fuite
Ce qui nous intéresse dans le cadre de la mise à la terre, et explique la loi qui l’encadre, c’est le risque en cas de défaut d’isolement. Dans le cas où l’isolant perd de son efficacité (par exemple un transformateur qui voit son vernis vieillir ou l’isolant d’un moteur de machine à laver qui se perce), un courant de fuite est provoqué par le conducteur de terre. La terre permet donc au courant de fuite de s’établir et d’être détecté par le différentiel.
Le différentiel compare les valeurs de courant entrant et sortant. En cas de fuite, le courant sortant ne sera pas égal au courant entrant. Les champs magnétiques ne seront plus équilibrés. Le différentiel capte cette différence et ouvre le circuit. Vous êtes ainsi protégé.
En l’absence de mise à la terre et d’installation non conforme, un courant de fuite peut se produire.

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