Parce qu’elles n’émettent pas de CO₂ en circulation, les voitures électriques sont considérées comme une vraie solution écologique. Selon l’ADEME, sur l’ensemble de leur durée de vie, elles ont un impact carbone 2 à 3 fois inférieur à celui des modèles thermiques équivalents.
Pour connaître l’empreinte carbone exact d’un véhicule électrique, il convient d’analyser tout son cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication de la voiture et notamment de la batterie, utilisation quotidienne, entretien, recyclage…
En résumé
-
Malgré une empreinte carbone plus importante à la fabrication, une voiture électrique émet 2 à 3 fois moins de CO₂ qu’une thermique sur l’ensemble de sa durée de vie.
-
La dette carbone est amortie dès 15 000 km parcourus pour une citadine, et jusqu’à 100 000 pour un SUV électrique avec une grosse batterie.
-
Pour réduire son impact environnemental, optez pour une batterie adaptée à vos besoins (moins de 60 kWh pour un usage quotidien) et privilégiez une recharge avec une électricité peu carbonée.
Comment déterminer le bilan carbone d’un véhicule électrique ?
Le bilan carbone correspond aux émissions de gaz à effet de serre provenant de votre voiture électrique. Ces dernières sont généralement exprimées en kilogrammes ou tonnes de CO₂ équivalent (CO₂e).
Ici, il ne s’agit pas simplement de prendre en compt60e les éventuelles émissions d’un véhicule mis en circulation. Bien au contraire, il faut appliquer la méthode de référence : l’Analyse du cycle de vie de la voiture (ACV) basée sur 4 étapes :
- L’extraction des matières premières et la fabrication de la voiture ;
- L’énergie consommée pendant toute la durée d’utilisation ;
- L’entretien ;
- La fin de vie et/ou le recyclage.
Un véhicule électrique commence sa vie avec une « dette carbone » plus importante qu’une voiture thermique équivalente. Cette dette peut être compensée progressivement grâce aux faibles émissions pendant l’utilisation.
Prenons l’exemple d’un conducteur qui parcourt 15 000 km par an (soit 75 000 km en 5 ans). Pour une voiture thermique, le bilan carbone est d’environ 21 t CO₂e sur tout son cycle de vie (6,7 t liées à sa fabrication et 14,2 t à son utilisation). Pour une voiture électrique équivalente, il est d’environ 11 t CO₂e (10 t pour la fabrication et environ 0,8 t pour une utilisation en France grâce à un mix électrique peu carboné). La dette carbone de l’électrique est ainsi compensée grâce à ses faibles émissions à l’usage.
🔎 A lire : lexique de la mobilité électrique et enjeux de la mobilité électrique
Trouvez la borne de recharge adaptée à vos besoins !
Conception de la voiture
Un véhicule électrique requiert :
- Plusieurs composants fabriqués à partir de matières premières dont l’extraction elle-même produit des gaz à effet de serre ;
- Une quantité importante d’énergie.
Selon l’ADEME, la fabrication d’un véhicule électrique représente environ 5 tonnes de CO2eq pour une citadine électrique, 10 tonnes pour une berline compacte et jusqu’à 15 tonnes pour un grand SUV électrique.
Le bilan carbone d’un véhicule électrique dépend principalement de la taille et la capacité de la batterie. Plus celle-ci est grande, plus l’empreinte est élevée.
Pour un usage urbain ou périurbain, il est donc recommandé de privilégier une batterie avec une capacité de moins de 60 kWh (1).
La batterie : source principale de la dette carbone
La batterie produit à elle seule près de la moitié des émissions carbones. Selon les modèles, elle peut représenter entre 30 et 60 % de l’empreinte carbone de production de la voiture. La moitié restante provient de la structure (aluminium, plastique, acier) et d’autres composants.
La fabrication des batteries de voiture électrique est énergivore et nécessite divers métaux critiques. En effet, la plupart d’entre elles sont composées de lithium, nickel, graphite. Elles peuvent aussi être à base de manganèse ou cobalt.
Pour l’extraction et le raffinage de ces matières premières, d’importantes quantités d’énergie sont nécessaires. Ce qui peut avoir des impacts environnementaux non négligeables (consommation d’eau, activités minières, émissions carbones liées au transport…).
Le bilan carbone d’une batterie dépend aussi du pays, source de l’énergie. Ce qui veut dire que quand la batterie est fabriquée dans une région où l’électricité provient du charbon, son empreinte carbone est plus élevée.
Quel impact environnemental à l’usage ?
Comme précisé, une voiture électrique ne rejette pas de CO₂ lorsqu’elle roule. Mais, elle est alimentée par l’électricité lors de la recharge, ce qui génère des émissions indirectes de gaz à effet de serre.
En France, l’électricité est majoritairement produite à partir d’énergies bas carbone (nucléaire et renouvelable). A l’usage, une voiture électrique émet entre 2 à 3 fois moins de carbone qu’un véhicule thermique (2). Le bilan carbone à l’usage dépend donc particulièrement du mix électrique (manière dont l’électricité est produite) du pays de circulation de la voiture :
- Electricité provenant majoritairement de sources bas carbone (nucléaire ou énergies renouvelables) : les émissions liées à la recharge sont limitées.
- Electricité produite grâce au charbon ou gaz : avec la recharge, les émissions de carbone sont fortement alourdies.
Poursuivons avec le même exemple : un conducteur qui parcourt 15 000 km/an, soit 75 000 km sur 5 ans
Les émissions de carbone liées à l’utilisation sont estimées à 0,8 t CO₂e (véhicule électrique rechargé en France) contre 14,2 t CO₂e (voiture thermique équivalente).
Comme tous les véhicules, la voiture électrique émet des particules provenant de l’usure des pneus et des freins.
🔎 A lire aussi : combien y-a-t-il de voitures électriques circulant en France ?
Recyclage et fin de vie des batteries
En Europe, la collecte et le recyclage des batteries de véhicules électriques en fin de vie sont obligatoires (3), conformément au règlement européen (UE) 2023/1542 relatif aux batteries et aux déchets de batteries. Ils permettent de récupérer une part importante des métaux (lithium, nickel, cobalt) pour la fabrication de nouvelles batteries. Avant leur recyclage, les batteries peuvent également faire l’objet d’une seconde vie.
Elles sont utilisées pour :
- Le stockage de l’électricité produite par des panneaux solaires ;
- La contribution à l’équilibre du réseau électrique.
Cela prolonge leur durée d’utilisation et limite le recours à l’extraction de nouvelles ressources.
A noter également que l’objectif actuel de certains constructeurs est d’aller vers des technologies de batteries plus propres (comme le cobalt) qui dépendent moins des ressources critiques. Cela va, dès lors, favoriser la réduction de l’empreinte carbone.
Seuil de rentabilité carbone : à partir de combien de kilomètres ?
Vous aussi, vous vous demandez à partir de combien de kilomètres votre voiture électrique devient plus écologique qu’une thermique ? Selon la taille du véhicule et de sa batterie, le seuil de rentabilité carbone varie en moyenne entre 30 000 (pour une citadine électrique à petite batterie), et 50 000 km (pour un véhicule plus lourd avec une grande batterie).
Pour un conducteur qui parcourt environ 15 000 km/an, le seuil de rentabilité carbone est atteint en 2 ou 3 ans. Ce qui constitue un argument de taille en faveur de l’électrique (4).
Tableau comparatif du bilan carbone entre voiture électrique et thermique
| Critères | Voiture électrique | Voiture thermique |
| Fabrication | Empreinte plus élevée, notamment à cause de la batterie | Moins d’émissions lors de la production |
| Utilisation | Faibles émissions dépendant du mix électrique | Emissions continues dues au carburant |
| Entretien | Moins de pièces d’usure mécanique | Davantage de pièces d’usure (moteur, pot d’échappement) |
| Fin de vie | Recyclage des batteries obligatoire (UE) | Filières de recyclage existantes |
| Bilan carbone sur 75 000 km (15 000 km/an pendant 5 ans) | Environ 11 tonnes de CO₂e | Environ 21 tonnes de CO₂e |
Comment réduire l’empreinte carbone d’un véhicule électrique ?
Pour optimiser le bilan carbone de votre voiture électrique, vous pouvez adopter certains bons réflexes :
- Choisir une batterie en fonction de l’usage réel : si vos trajets quotidiens ne dépassent pas les 50 km, privilégiez un modèle avec une batterie de petite taille.
- Recharger à domicile notamment en heures creuses : pour profiter d’une électricité plus décarbonée et réduire le coût d’usage.
- Garder la voiture pendant longtemps : la dette carbone est amortie avec le temps, au fil des kilomètres parcourus.
- Adopter une conduite économe : pour limiter la consommation d’énergie au kilomètre.
- Favoriser le recyclage des batteries en fin de vie : afin de récupérer certains matériaux et ainsi limiter les émissions provenant de l’extraction de nouvelles ressources.
Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, une voiture électrique n’est pas totalement neutre pour l’environnement. Durant son cycle de vie, elle peut produire des émissions de gaz à effet de serre plus ou moins importantes. Mais, son bilan carbone reste moins important que celui d’un véhicule thermique équivalent. Pour être sûr de compenser cette empreinte écologique, vous pouvez conserver votre véhicule longtemps et favoriser la recharge avec une électricité peu émettrice.
Nous répondons à vos questions !
Une voiture électrique pollue-t-elle plus qu’une thermique ?
La production d’un véhicule électrique émet plus de CO₂ à cause de la batterie. Mais, sur le cycle de vie (circulation et entretien notamment), il génère 2 à 3 fois moins de CO₂ qu’une thermique équivalente et ce, grâce au mix électrique bas-carbone.
Est-ce qu’une voiture électrique est réellement écologique ?
Oui, une voiture électrique est écologique mais cela ne veut pas dire qu’elle est totalement neutre en carbone. Mais, avec une électricité bien carbonée, son bilan carbone est plus favorable que celui d’un véhicule thermique sur la durée.
Quelle est la durée de vie des véhicules électriques ?
Pour une batterie de voiture électrique, comptez entre 8 et 10 ans, ce qui correspond à environ 150 000 à 200 000 km. La dette carbone a donc largement le temps d’être compensée avant la seconde vie et le recyclage.
🔎 A découvrir : stratégie bas-carbone : comment la France veut décarboner l’automobile en 2030 ?